Mardi 23 nov., Université de Nanterre: conf.-débat

Plus d’informations sur le site de l’AGEN.

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Exposition à Paris des photos des “43 de Morong” d’Isabelle Merminod



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La lutte des ex-“femmes de réconfort” de l’Armée japonaise

En 1992, Maria Rosa Henson, « Lola Rosa », a brisé le silence : elle a été la première femme philippine à évoquer publiquement l’esclavage sexuel auquel elle avait été soumise par l’Armée impériale japonaise durant la seconde guerre mondiale (1942-45), comme des dizaines de milliers d’autres femmes dans toute l’Asie du Sud-Est (en particulier en Corée). Quelques années après, en 2000, la sortie du film Markova, Comfort Gay (de Gil Portes) a montré que des baklas philippins avaient aussi été forcés à la prostitution par les militaires.

Suite au témoignage et au livre de Lola Rosa, la Task Force For Comfort Women (TFFCW) a été créée : elle a permis la constitution, en 1994, sous les auspices de Gabriela, de Lila Pilipin. Cette organisation a réuni des témoignages sur 174 cas de femmes ayant été victimes d’esclavage sexuel et a demandé à la justice philippine que soit exigé des excuses et une réparation par le gouvernement japonais. Parmi les 174 victimes recensées, 65 sont malheureusement déjà décédées.

Les États-Unis, le Canada, les Pays-Bas et l’Union européenne ont déjà voté des résolutions soutenant les exigences des mouvements des ex-« femmes de réconfort » de l’Armée japonaise. Le 8 novembre dernier, Gabriela a présenté au Parlement une résolution demandant au Japon de reconnaitre sa responsabilité historique pour la mise en esclavage sexuel de femmes philippines pendant la seconde guerre mondiale.

Il y a quelques mois, la Cour suprême philippine avait débouté l’action en justice intentée par Lila Pilipin. Or il s’est avéré que la décision de la Cour était un vulgaire copier-coller d’une décision prise par une cour américaine dans une affaire similaire. Ce cas de plagiat a été porté devant les tribunaux.

Pour lire les témoignages de Narcisa Claveria (« Lola Isa »), 80 ans et de Pilar Frias, 84 ans, forcées à la prostitution alors qu’elles étaient adolescentes, voir le site de Bulatlat.

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Karen Empeño et Sherlyn Cadapan, deux étudiantes « disparues »

Karen Empeño et Sherlyn Cadapan sont devenues, sur les campus philippins, les symboles des violations des droits humains que subissent les militant-e-s politiques dans le pays. Ces deux étudiantes de l’University of the Philippines (UP) ont « disparu » le 26 juin 2006 à Hagonoy, dans la province de Bulacan (au nord de Manille). Des militaires sont soupçonnés de leur disparition.

Un nom revient souvent dans les témoignages qui permettent de retracer ce que sont devenues Karen et Sherlyn : celui du général Jovito Palparan. Surnommé « le boucher », le général avait été affecté à Bulacan pour y mener, comme il l’avait fait quelques années auparavant à Mindoro, des opérations militaires contre la guérilla communiste. Les nombreux cas de disparitions et de tortures, de représailles sur les populations civiles, qui se sont produits sous sa responsabilité lui ont valu ce surnom de « boucher ».

Des témoignages concordant établissent que des hommes du général Palparan ont enlevé, torturé et violé Sherlyn et Karen. Un paysan, Manuel Merino, a été enlevé en même temps qu’elles deux. Raymond Manalo, un paysan également de Bulacan, a témoigné devant la justice philippine (mais aussi devant le conseil des Nations Unies aux droits de l’homme) que lui et son frère, Reynaldo, ont été enlevés en février 2006 et torturés par les hommes du général Palparan dans un camp militaire. C’est dans ce camp – dont il s’est plus tard miraculeusement sauvé – qu’il a vu Merino être brûlé vivant par des soldats, qu’il a pu voir aussi Sherlyn et Karen, entendre leurs cris lorsqu’elles ont été torturées et violées.

Karen et Sherlyn étaient des militantes politiques. Le père de Karen, Oscar, avait été un dirigeant local d’un syndicat de travailleurs à Zambales. Karen étudiait la sociologie à UP, où elle était membre de la League of Filipino Students (LFS). Sherlyn, elle, étudiait le sport. Elle était membre de la sororité Beta Lambda Kappa Sorority et avait été élue représentante du département de sports en 1999.

Les deux jeunes femmes, lors de leur « disparition », se rendaient dans des communautés paysannes déshéritées de la province de Bulacan. Depuis juin 2006, à UP comme sur d’autres campus philippins, Karen et Sherlyn sont les symboles de la répression qui s’abat sur les militant-e-s politiques. Leurs proches mènent inlassablement un combat pour que les militaires expliquent ce que sont devenues Karen et Sherlyn. Ils ont rejoint Desaparecidos, une organisation qui réunit des dizaines de proches de « disparu-e-s ».

 

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Lundi 22 nov., Paris, CICP: conférence-débat sur les assassinats politiques aux Philippines

Lundi 22 novembre, à partir de 19h30, au CICP (21 ter, rue Voltaire – métro: Rue des boulets), conférence-débat sur les assassinats politiques aux Philippines.

En présence de :

  • Concepción Empeño, membre de Desaparecedos (une organisation de proches de « disparus »), dont la fille, Karen, une étudiante de l’Université des Philippines a disparu en 2006
  • Dan, militant philippin, réfugié politique aux Pays-Bas
  • Gwenola Ricordeau, porte parole de Karapatan-France (ONG philippine de défense des droits humains), sociologue

Le film “Lost in a shadow war” (25 min.), une enquête menée par un journaliste britannique sur la lutte de la guérilla communiste et la répression politique, sera projeté.

Il y a une erreur dans le nom d’une des organisations: il faut lire “ROC-ML”.

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Samedi 6 nov., à Toulouse…

Le  samedi 6 novembre, à Toulouse, pendant la manifestation contre la réforme des retraites, Coup pour Coup a tenu un point d’information sur la situation des droits humains aux Philippines et sur la campagne internationale de solidarité politique. C’est dans ce cadre que Coup pour Coup organise (avec l’Agen, Solidarités Philippines, etc.) une réunion-débat le mercredi 24.6

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Qu’est ce qu’Oplan Bantay Laya?

C’est sous le régime militaire de Ferdinand Marcos, au début des années 1980, et avec l’aide des États-Unis, que l’armée philippine a commencé à utiliser les techniques de la guerre anti-insurrectionnelle pour essayer de mettre fin à l’insurrection armée communiste, née à la fin des années 1960. En 1986, Marcos a été renversé et le nouveau régime, toujours appuyé par les États-Unis, a continué sa « sale guerre ». Les vigilantes (escadrons de la mort) ont alors fait leur apparition, terrorisant, torturant et assassinant les militant-e-s progressistes et les populations civiles favorables à l’insurrection armée.

Depuis 2001, prenant Abu Sayyaf et ses liens avec Al Qaeda comme prétextes, les États-Unis ont renforcé leur soutien à la guerre anti-insurrectionnelle menée par l’armée philippine. En janvier 2002, le président George W. Bush, avec l’appui inconditionnel de la présidente des Philippines, Gloria Macapagal Arroyo (GMA), a ouvert, dans l’archipel, un « deuxième front » à la « guerre contre le terrorisme », appelé « Operation Freedom Eagle ».

Sous le nom d’Oplan Bantay Laya, depuis presque une décennie, l’Armée philippine mène donc une guerre à la fois contre Abu Sayyaf et le mouvement séparatiste moro (au sud du pays), mais aussi contre l’insurrection armée communiste (dans l’ensemble de l’archipel). En juin 2006, GMA a promis de mettre fin, d’ici la fin de son mandat (juin 2010), à la guerre populaire menée par la NPA (New People’s Army) et le CPP (Communist Party of the Philippines). Cette « guerre totale » contre le CPP-NPA s’est traduite par une aggravation de la militarisation des campagnes, des déplacements encore plus nombreux de populations civiles et une augmentation dramatique du nombre des victimes de violations des droits humains.

Il est difficile de chiffrer exactement les victimes d’Oplan Bantay Laya. Mais les organisations luttant contre les violations des droits humains estiment que plus de 1 200 personnes ont été assassinées ou ont « disparues » depuis 2001. Sont tout particulièrement visés les membres de syndicats de paysans (comme KMP) et de travailleurs (comme KMU), d’organisations de femmes (comme Gabriela), de défense des droits humains (comme Karapatan) et d’organisations politiques progressistes (comme Bayan Muna). Mais on compte également parmi les victimes des journalistes, des membres d’organisations  étudiantes, des leaders de minorités ethnolinguistiques, des ecclésiastiques, etc. Le cas des “43 de Morong” est sans doute le plus connu et emblématique de la répression qui touche les personnes investies dans l’amélioration concrète des conditions de vie des communautés les plus pauvres.

Mais, simultanément à son annonce de la reprise des négociations de paix avec le CPP-NPA-NDF, il a prolongé Oplan Bantay Laya qui se terminait normalement avec le mandat de l’ex-présidente (GMA).

Pour des statistiques sur les victimes d’Oplan Bantay Laya, voir le dernier bulletin de Karapatan.

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